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A la manière de…

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© istock-Kondor83

De dix heures à dix-huit heure trente, elle ne s’interrompait qu’une vingtaine de minutes. De dix heures à quinze heures, elle préparait le fromage et le pain pour mille deux cents couverts, puis elle mélangeait à la  main deux seaux de dix litres de vinaigrette, au fouet, à la main. Elle cherchait les ingrédients  dans la chambre froide, le pot de moutarde de cinq litres, les bidons d’huile de dix litres. Un quart d’heure par seau : une demi-heure. Les anciens évitaient cette corvée qu’on laissait toujours à la nouvelle : nouvelle au lycée, nouvelle en ville, nouvelle en France. 

Ensuite, elle mangeait sur le pouce et servait les élèves, avant d’être préposée aux lave-vaisselle, autre tâche ingrate qui lui était réservée : après les avoir vidés, elle soulevait les buses et s’accroupissait dans les machines aussi grandes qu’elle pour en rincer les portes internes au jet d’eau. Après le départ des élèves, elle nettoyait les sols et rangeait les chaises de quatorze salles- on lui réservait les étages et surtout les escaliers, où les chariots à roulettes ne passent pas et où il faut porter les seaux- puis elle nettoyait les WC.

Huit heures et demi de labeur, des semaines de quarante-deux heures. Les agents territoriaux profitent des vacances scolaires, il faut bien qu’ils rattrapent ces heures, vous expliquera-t-on. Elle sont lissées. (C’est joli « lissé », c’est un adjectif apaisant ; on pense tout de suite à une mer calme, sans vagues)

Quatre enfants dont l’un est malade. Comme elle n’avait pas de jour libre pour l’emmener chez le médecin, elle prenait souvent du retard dans son travail. Elle demanda un temps partiel à 80 % à sa gestionnaire qui le lui refusa. Elle se plaignit de ce refus à la région, on l’apprit au lycée, elle fut convoquée et menacée de renvoi.

Un jour elle fit une chute, une bête chute sur du verglas, et elle s’abîma l’épaule. Elle demanda à sa cheffe gestionnaire si l’on pouvait tenir compte de sa blessure et faire en sorte que ce ne soit pas toujours elle qui se voie attribuer les tâches les plus pénibles, on lui répondit qu’un roulement serait mis en place. Elle aimerait bien, elle aussi, travailler parfois dans les équipes du matin, de six heures trente à quatorze heures trente, et ne pas avoir à nettoyer la cantine et les salles. On le lui refuse. Sa tendinite s’aggrave, on l’opère. Elle surcompense de la main gauche et abîme l’autre côté. C’est le début de trois années d’arrêts maladie à répétition, suivies, par un coup du destin, d’une maladie grave.

Ce n’est ni du Zola ni du Hugo : c’est l’histoire d’un agent territorial d’un lycée du nord de l’Alsace, aux prises avec une petite cheffe. La régionalisation a du bon pour le rectorat, puisqu’il peut s’en laver les mains.

Ou pas…

Les personnels techniques administrés par le département et affectés ou mis à disposition d’un lycée « relèvent de l’autorité hiérarchique » du président de la collectivité et « sont placés sous l’autorité fonctionnelle » du chef d’établissement assisté de son adjoint gestionnaire. Et « aucun texte » ne donne compétence à l’autorité départementale pour dessaisir le gestionnaire « de toute autorité fonctionnelle à l’égard des agents du département ». (Décision prise par la Cour administrative d’appel de Versailles dans un arrêt du 9 juin 2016)

Le SNALC  soutient tous les personnels de nos établissements et continuera à s’engager pour eux, quel que soit leur statut, et particulièrement pour les plus vulnérables.

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