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C’est vraiment trop inzuste…

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Il était là, bien tranquille, installé et grassement entretenu. Pas de comptes à rendre. Même pas besoin de partager : tout était pour lui, tout lui était acquis. Il était seul, il régnait sur son pré carré et le bénéfice qu’il en tirait suffisait à nourrir ses ambitions, qui se résumaient à ne surtout rien changer. Jusqu’au jour où…

Le SNALC a débarqué. Et « pas de la bonne façon ». Il faut dire qu’en termes de bonnes manières, le SNALC a du mal à se plier à l’étiquette, et particulièrement à Strasbourg. Ce qu’il fait, « ça ne se fait pas », commente-t-on dans l’entre soi. Et « ça ne se dit pas » non plus, ajoute-t-on sur un ton offusqué. Comprenez : ce n’est pas ainsi que l’on parle à sa hiérarchie. Et encore moins, de sa hiérarchie. Mais de quoi, et de qui, parle-t-on ?

Les scènes que nous allons évoquer concernent un niveau hiérarchique supérieur. Nous épargnerons ici nos collègues personnels de direction. Quoiqu’ils soient eux aussi concernés par ce terme, nous souhaitons simplement leur éviter d’être une nouvelle fois humiliés par le biais de communiqués Flash Flash Flash Flash fébriles de représentants corporatistes autoproclamés.

Reconnaissons en préalable que le SNALC dérange à se mêler des intérêts de personnels dont le corps – ou la discipline – aurait été syndicalement préempté : personnels de direction, professeurs de religion, professeurs des écoles, Psy-EN, P-EPS, personnels administratifs… Le pluralisme et la liberté d’expression sont de beaux concepts tant qu’ils restent sous le contrôle des mêmes : ceux qui occupent les sièges syndicaux depuis des décennies en prenant soin d’entretenir les promesses et les conditions pour que surtout rien ne change. Alors, pour contrer cette irruption du SNALC sur des chasses gardées, à défaut d’avoir autre chose à proposer, on use de procédés un peu lâches, de l’arrachage ou la détérioration des affiches sur les panneaux syndicaux, au recours à la rumeur et la diffamation : on diffuse, on distille. « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »… Car l’idée de devoir aujourd’hui partager ne serait-ce que l’écoute des électeurs qui les nourrissent leur est insupportable. Le SNALC est trop présent ; en outre il a trop d’audace ; et comble d’impertinence, il augmente chaque année ses effectifs dans un contexte de baisse de la syndicalisation : c’est vraiment trop inzuste…

Récemment, alors que j’attendais dans les couloirs du rectorat pour accompagner une collègue convoquée [NDLR : pas seulement « invitée »…] par sa hiérarchie, mon regard fut attiré par un professeur qui semblait attendre l’heure de son jugement, visiblement tendu et serrant son dossier professionnel dans des mains moites et mal assurées. Le pauvre homme, après 20 ans de bons et loyaux services, avait été « invité » à répondre sur sa façon de servir à la suite de difficultés rencontrées cette année dans la gestion d’une classe particulièrement indisciplinée. Cet homme était seul et, je l’avoue, habitué pour ma part à ce genre de confrontation, je lui proposai alors de l’accompagner, ce qu’il accepta aussitôt avec soulagement. La réaction du supérieur académique découvrant que le professeur était désormais accompagné d’un représentant syndical fut vive quand j’intervins pour contrer les premiers griefs examinés : « contrairement à vous, M. Gavrilovic, moi je ne fais pas de racolage ». Na ! …Que dire ? En effet, quand un représentant syndical se met en tête de défendre les personnels et leurs droits, s’interposant sur le chemin d’une potence hâtivement dressée et contrariant le déroulement d’un rituel qui n’aurait dû être qu’une formalité, c’est vraiment trop inzuste…

C’est dans ces mêmes couloirs que s’est jouée l’une des scènes les plus théâtrales du palais de la rue de la Toussaint. Intervenant pour la défense d’un proviseur adjoint, devenu gênant car témoin de pratiques locales illicites, le SNALC s’est d’abord vu interdire l’accès à la convocation au motif que sa délégation était trop nombreuse et que l’on souhaitait ne recevoir que le proviseur concerné, avec un seul représentant et à la condition qu’il se taise ! Faire taire le SNALC, c’est impossible – qu’on se le dise. L’entretien eut donc lieu, avec la délégation, et arriva ce qui devait arriver : le SNALC intervint. L’autorité décida alors de mettre un terme brutal à l’entretien et de se retirer. Se levant et sur le point de quitter la pièce, elle déclara : « Quand l’institution se lève, tout le monde se lève ! » (sic !). Le SNALC, qui s’était déplacé pour régler la situation du proviseur, refusa d’obtempérer et invita « l’institution » à quitter la séance comme elle venait de l’annoncer, afin de pouvoir poursuivre sereinement l’entretien avec le DASEN encore présent. Un représentant syndical que l’on ne fait pas taire, qui ose tenir tête et ne craint pas les intimidations, qui ne s’aplatit pas en courbettes révérencieuses et ne se confond pas en salutations obséquieuses, un syndicat qui ne courbe pas l’échine sous le fouet des injonctions haineuses, c’est vraiment trop inzuste…

Au sommet de la tour du palais rectoral, au-dessus des nuages, vit une princesse : c’est du moins ce que l’on raconte dans les établissements de son royaume. Car, en réalité, peu ont eu la chance de la rencontrer. Comme toute princesse, elle n’est pas disponible pour les sujets qu’elle gouverne. La rareté fait la cherté. Elle semble avoir pris pour principe de ne pas répondre aux courriers ordinaires. Ainsi, par exemple, nous avons tenté de l’alerter, preuves à l’appui, comme d’autres organisations d’ailleurs, sur le comportement d’un IEN aux pratiques managériales inacceptables, en particulier avec des femmes : colères, autoritarisme, dénigrements, accusations infondées, abus de pouvoir… jusqu’à la diffusion publique de courrier privé mettant en cause le professionnalisme de nos collègues et jetant le discrédit sur l’équipe. En vain. Les alertes sont restées lettres mortes. Alors, au SNALC, nous avons décidé de plus l’importuner. Et puisqu’il s’agit d’un problème de RH, le cas de cet IEN a été signalé au plus haut niveau de la DGRH. Ainsi, les questions les plus importantes sont désormais adressées directement au ministère, dans l’attente de les voir redescendre vers le palais. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Le SNALC ne peut pas faire la sourde oreille face à la souffrance des personnels, il se doit de réagir contre ces méthodes de gestion intolérables. Et tant pis si c’est vraiment trop inzuste…

C’est un fait : le SNALC n’a pas les bonnes manières. Souvenez-vous, à l’occasion de la mise en place du #collège2016, plutôt que de suivre vainement une énième grévette d’un jour dont nous savons tous qu’elle ne sert qu’à vider les poches des personnels pour renflouer un peu celles de l’État (qui reverse une partie de son budget en subventions publiques aux grosses centrales syndicales), le SNALC avait proposé, après consultation des professeurs concernés, la seule modalité de grève qui avait réellement inquiété la rue de Grenelle : la grève des corrections des copies du brevet, que notre Institution a tenté de casser par tous les moyens, pressions, chantages, menaces, délations… Et notre ministre était même allée jusqu’à déclarer à Elkabbach à la TV que le SNALC « n’avait pas du tout la bonne façon […] de s’opposer » – on sait aujourd’hui ce qu’il est advenu des « bonnes façons de s’opposer » et où elles nous ont menés pour le collège. Rendez-vous compte : un syndicat qui ose se démarquer et s’opposer d’une façon autre que celle que dicterait le pouvoir ? d’une façon totalement indépendante ? Et l’intersyndicale de s’offusquer en chœur avec la ministre de ces façons de faire : c’est vraiment trop inzuste !

L’édito du SNALCTUALITES n°11 – mai 2018
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