Le pilotage de l’académie de Strasbourg atteint aujourd’hui un niveau de fragilité préoccupant. Le SNALC constate en effet que le recteur, actuellement engagé dans une campagne de réélection à la mairie de Clichy-sous-Bois (voir article ci-dessous), a choisi de s’absenter en demandant un congé sans solde à partir des vacances de février. Il a lui-même instauré un dispositif d’intérim, confiant la direction de l’académie à sa secrétaire générale.
Ce choix soulève un problème majeur d’impartialité. La « Secrétaire générale » se retrouve ainsi amenée à trancher, en qualité de rectrice par intérim, plusieurs dossiers délicats qu’elle a pu suivre en tant que secrétaire générale. Cette situation de juge et partie est incompréhensible pour le SNALC : une telle organisation mettra en péril l’équité des décisions, alimentera la suspicion sur l’intégralité de l’action à venir et minera une fois de plus la confiance du terrain, déjà sérieusement ébranlée par la gouvernance actuelle.
A ce sujet, le SNALC, reçu par Radio Nostalgie le mardi 10 février 2026, fait part de ses inquiétudes par la voix de Sébastien HIRTH, membre du bureau académique. Les propos marquants :
« On s’inquiète de cette vacance de pouvoir pendant 6 à 8 semaines. L’académie sera gérée par la secrétaire générale : c’est légal, mais cela ne signifie pas que nous l’acceptons. »
« Notre seul objectif, c’est une gestion optimale de l’académie. De nombreux dossiers attendent, des collègues ont besoin de soutien — pour cela, il faut un recteur entièrement disponible. »
« Cette situation donne l’image d’une académie de Strasbourg reléguée au second plan, la gestion locale semblant céder la priorité à des enjeux électoraux. »
Intégralité du reportage sur radio Nostalgie 10 février 2026
Reportage à 7h (cliquez sur le lien)
Journaliste : Recteur de l’Académie de Strasbourg la semaine, maire d’une commune de région parisienne le week-end. C’est la situation particulière dans laquelle se trouve Olivier Klein depuis 2020. Et l’intéressé a décidé de se représenter en tant que maire de Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Il va donc s’absenter de son poste de recteur pendant plusieurs semaines. Écoutez à ce sujet Sébastien Hirth, membre du bureau du syndicat SNALC en Alsace.
Sébastien Hirth : On s’inquiète plutôt de la gestion de l’Académie et, effectivement, la vacance de pouvoir va découler de sa mise en disponibilité pour préparer sa prochaine élection. C’est ça qui nous inquiète fortement. Il va poser un congé sans solde. Comme les textes le disent, l’académie va être gérée par la secrétaire générale, ce qui est effectivement tout à fait légal d’après les textes. Mais il va y avoir quand même une vacance de pouvoir pendant ces 6 semaines, 6 à 8 semaines. Et par contre, il y a beaucoup de dossiers qui sont à traités, dans lesquels le SNALC est partie prenante. Et nous, on s’inquiète effectivement de cette absence du recteur pendant cette période.
Reportage à 7h30 (cliquez sur le lien)
Journaliste : Les clés de l’académie seront donc confiées à la secrétaire générale pendant 6 à 8 semaines.
Recteur de l’Académie de Strasbourg la semaine, maire d’une commune de région parisienne le week-end. C’est la situation particulière dans laquelle se trouve Olivier Klein depuis 2020. Et l’intéressé a décidé de se représenter en tant que maire de Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Pour mener campagne, il va prendre un congé sans solde et donner les clés de l’Académie à la secrétaire générale pendant 6 à 8 semaines. Ainsi que les textes le lui autorisent. Ce qu’apprécient quand même très modérément les syndicats enseignants, à l’image du SNALC en Alsace. L’un de ses membres, Sébastien Hirth, dont le syndicat va rencontrer le recteur dans les prochains jours.
Sébastien Hirth : Écoutez, nous, on va juste réitérer notre inquiétude. Donc nous, on va communiquer là-dessus. On est inquiets. On va effectivement également en parler en direct avec le recteur. Après, sur le principe de légalité de la chose, il n’y a pas de souci, étant donné les textes. Il y a effectivement cette possibilité-là qui est offerte. Donc on ne peut pas remettre en cause ce mode de fonctionnement, mais ça ne veut pas dire qu’on l’accepte en tant que tel.
Ça renvoie à l’image que la gestion de l’académie de Strasbourg n’est pas prioritaire par rapport aux futurs mandats municipaux. Les syndicats enseignants ont donc l’intention de formuler leurs inquiétudes directement au recteur lors d’un entretien prévu jeudi prochain.
Reportage à midi (cliquez sur le lien)
Journaliste : Il est recteur de l’Académie de Strasbourg la semaine et maire d’une commune de région parisienne le week-end. C’est la situation assez improbable dans laquelle se trouve Olivier Klein depuis 2020. L’intéressé a décidé de se représenter en tant que maire de Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Pour mener campagne, il va prendre un congé sans solde et donner les clés de l’académie à la secrétaire générale pendant 6 à 8 semaines. Ce qui est légal, mais modérément apprécié par les syndicats enseignants, à l’image du SNALC en Alsace. Écoutez l’un de ses représentants, Sébastien Hirth.
Sébastien Hirth : On n’a qu’un but et qu’un objectif au niveau du SNALC : c’est une gestion la plus optimale possible de l’académie. Nous, on a des dossiers à traiter, on a des collègues à défendre — et ce que l’on souhaite, c’est qu’on ait un recteur à 100 % disponible pour pouvoir gérer ces dossiers.
Et éviter de se retrouver dans une situation avec une vacance de pouvoir où, par exemple, le principal risque est qu’elle soit juge et partie. C’est ça qui nous pose problème, véritablement. Les syndicats enseignants ont l’intention de formuler leurs inquiétudes directement au recteur lors d’entretiens prévus jeudi.
Pour le SNALC, l’exigence est claire : l’académie de Strasbourg a droit, comme toute autre, à un recteur investi, à plein temps, porteur d’un projet éducatif ambitieux et juste. Chaque jour qui passerait sous le régime intérimaire proposé, ce seraient les personnels, les élèves et le service public qui en seraient les premières victimes.




