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S’il vous plaît… Dessine-moi la vie d’avant

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« Le petit prince, qui posait beaucoup de questions, ne semblait jamais entendre les miennes. »

– Pourquoi le Covid envahit-il mon école et ma ville ? Pourquoi envoie-t-il des innocents dans les étoiles ? Pourquoi est-il invisible ? Pourquoi s’agrippe-t-il à ma peau ?
– Pourquoi dois-je porter un masque ? Pourquoi pas celui de Zorro ?
– Pourquoi la vie ne sera plus comme avant ?

La France aujourd’hui libérée a changé d’expression. On ne va pas se voiler la face : elle l’est désormais, en mode jetable ou lavable. Du haut du nez au bas du menton, cachez ce visage que je ne saurais voir. Et celles qui devaient se couvrir le devront encore davantage.

La France conviviale qui faisait la bise chaque matin devant la machine à café a changé de manières. On n’a plus que les yeux pour s’embrasser – sauf à porter des lunettes embuées…

La France heureuse masque son sourire. Il y a pourtant des sourires qu’aucun mot ne saurait traduire, même les mots bleus qu’on dit avec les yeux. Ceux qui riaient sous cape en seront plus heureux.

La France de l’Histoire, des rois à la République, a changé d’ère et le printemps 2020 marque un temps qui nous semble figé sous une mauvaise étoile : « autrefois » c’était à peine « il y a deux mois », « demain » n’est pas près d’arriver, et la situation « aujourd’hui » est partie pour durer.

La France fière a perdu la face. La France de la tchatche et du baratin, de l’empathie et de l’humain devient une France sans visage, anonyme et lointaine.

La France timide, la France craintive se replient un peu plus et s’isolent. Entre deux masques, il sera plus facile d’ignorer son prochain.

Tout comme ce virus, l’essentiel est invisible pour les yeux : on ne voit bien qu’avec le cœur.

À présent que nos masques écrasent nos visages, effacent nos sourires, étouffent nos mots, plus que jamais il nous faudra ouvrir le cœur.


Jean-Pierre Gavrilović
Edito du SNALCTUALITES n°18 – mai 2020
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