Au rectorat de Strasbourg, les personnels sont des agents modernes. La preuve ? Ils ont droit à deux jours de télétravail fixe par semaine. Le matériel est là, la connexion VPN est là, et l’efficacité aussi. Jusque-là, tout va bien dans le meilleur des mondes administratifs. Mais, comme le constate le SNALC, dès qu’on aborde les 43 jours de télétravail « flottant », l’ambiance change. On quitte l’ère du numérique pour entrer dans celle du rationnement.
Le télétravail flottant, c’est normalement la soupape de sécurité, le joker qu’on sort quand la SNCF est en grève, quand la neige nous empêche de circuler, quand le thermomètre du bureau affiche des températures dignes d’un sauna (après avoir supplié la hiérarchie pour l’accord préalable). Pourtant, comme de nombreux collègues l’ont fait remonter au SNALC, demander un jour flottant ressemble de plus en plus à une demande d’audience au Vatican.
Ce qui frappe, c’est la géométrie variable du « oui », un phénomène que relèvent fréquemment les adhérents du SNALC. D’un côté, les « VIP du flottant » : on voit passer des validations pour des motifs très personnels. Problème familial ? Une circulaire à relire ? Hop, validé ! La flexibilité est totale. De l’autre, le reste du monde : vous avez une visio qui finit tard et vous allez rater votre train ? « Non, restez au bureau ». Il fait 35 °C dans les locaux et vous demandez à travailler au frais ? « C’est une décision de là-haut, circulez ! » Vous avez un rendez-vous le matin et souhaitez travailler l’après-midi ? « Prenez donc un congé, profitez-en ! » Il est touchant de voir cette invitation soudaine de la hiérarchie à nous inciter à utiliser nos congés pour des besoins que le télétravail pourrait régler bien plus simplement. Le SNALC s’étonne de ce manque de confiance, car on nous rappelle que le télétravail, c’est du travail, mais on nous répond comme si on demandait une après-midi au spa.
Pourquoi tant de résistance ? Si les personnels savent déjà télétravailler deux jours par semaine de manière fixe, pourquoi est-ce si compliqué de le faire de manière ponctuelle ? Est-ce que les dossiers deviennent soudainement intransportables ? Est-ce que l’air du rectorat est indispensable à la validation d’une mission de gestion ? Face à cette gestion, le SNALC dénonce une opacité et une inégalité de traitement inacceptables. Il est urgent de mettre fin au management de l’humeur : les 43 jours flottants sont un droit réglementaire, pas une faveur qu’on doit mendier. L’équité pour tous devrait être la règle : pourquoi certains obtiennent-ils si facilement un accord, alors que d’autres se heurtent systématiquement à un mur de refus ? De même, refuser le travail à distance en cas de canicule ou de contraintes de transport majeures n’est ni moderne, ni respectueux de la qualité de vie au travail.
Le rectorat affiche de belles valeurs sur le papier. Le SNALC appelle à ce que ces valeurs deviennent enfin une réalité pour tous les agents. Appliquons-les aussi au quotidien, surtout quand le télétravail flottant ne demande qu’à être utilisé intelligemment.





