À Mulhouse, le SNALC a été alerté sur la situation extrêmement alarmante d’un collège, où la santé psychique, physique et sociale des élèves comme des personnels est aujourd’hui gravement menacée. Face à un effectif d’élèves en forte hausse et une réduction des moyens (notamment la suppression d’un mi-temps infirmier à la rentrée de septembre 2025), l’équipe santé-sociale du collège se retrouve submergée par une multiplication inédite des événements graves.
Depuis septembre 2025, une aggravation constante et marquée est constatée, notamment depuis février 2026. Parmi les situations recensées : prostitution de mineures, trafic de puffs, violences en réunion, agressions physiques avec hospitalisation, violences verbales, psychologiques et intra-familiales, violences sexuelles, troubles psychiatriques, troubles du comportement, mal-être profond, idées suicidaires, tentatives de suicide, fugues, situations sociales d’une rare complexité, précarité extrême menant des familles à la rue, absentéisme massif (6 % à 29 % de cours manqués selon les classes), scolarisation d’élèves en situation de handicap sans accompagnement adapté, par manque de places en dispositifs spécialisés.
La santé des élèves est en péril : les infirmières ont recensé 23 cas de mal-être isolé, 50 nécessitant un suivi infirmier, 57 élèves devant être orientés vers des structures extérieures et 21 cas constituant de véritables urgences vitales. Au cours des derniers jours, 3 élèves ont été hospitalisés pour tentative de suicide et 2 autres ont été dirigés vers les urgences pédiatriques pour les mêmes raisons, mais sorties de l’hôpital contre avis médical. L’assistante sociale accompagne à ce jour 75 élèves en grande difficulté.
La violence physique atteint un niveau de gravité sans précédent : rien que ce dernier mois, il y a eu une hospitalisation en réanimation, un traumatisme crânien et une fracture consécutifs à des faits survenus dans l’enceinte scolaire. En une seule journée, le 16 mars 2026, la police est intervenue à trois reprises pour des faits de violence, d’agression parentale et de situation préoccupante d’enfance en danger.
Ce climat pèse lourd, non seulement sur les élèves mais aussi sur l’ensemble des personnels éducatifs : plusieurs collègues sont en arrêt maladie, certains consultent pour mal-être ou anxiété, confrontés à une surcharge de travail, une tension extrême et un sentiment d’insécurité permanent. L’absentéisme s’envole, avec 1/3 d’absence dans certaines classes, des élèves en attente d’une place en ULIS pour la rentrée et une trentaine d’informations préoccupantes déjà rédigées (hors absentéisme).
Le SNALC s’inquiète d’une aggravation continue et pointe l’absence de relais extérieurs suffisamment adaptés ou disponibles pour accompagner ces situations de détresse aiguë et appelle instamment les autorités à la prise de conscience et à une réponse d’urgence : « La limite du supportable est franchie. Sans réaction rapide et structurelle, la santé et la sécurité de tous (élèves comme personnels) sont gravement compromises ».





