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Système éducatif

Abus de pouvoir, il est temps d’agir

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Nous le constatons, hélas, de plus en plus fréquemment : les pratiques managériales abusives s’immiscent dans le fonctionnement de l’Éducation nationale, du rectorat à l’inspection académique, jusqu’à certains établissements scolaires. Le SNALC le répète : ces comportements, certes minoritaires, n’en sont pas moins toxiques. Ils agissent comme de véritables métastases qui gangrènent le corps éducatif. Ces dérives créent du mal-être, freinent les dynamiques collectives et aggravent les difficultés déjà présentes dans un système institutionnel en souffrance.

À force de confondre pilotage humain et gestion comptable, certains prétendus responsables oublient l’essentiel : le respect de la personne, la clarté des missions et la qualité du climat de travail. Le SNALC dénonce ces pratiques qui se traduisent par des injonctions paradoxales, de la micro-gestion, des pressions hiérarchiques déplacées, l’absence de dialogue, le déni des compétences, des rappels à l’ordre publics, des humiliations ou des disqualifications subtiles. Autant de manières d’exercer un pouvoir qui, loin de servir l’intérêt du service public, génèrent angoisse, défiance généralisée et démobilisation profonde.

Récemment, un exemple particulièrement révélateur de ces dérives s’est produit au rectorat de Strasbourg : suite à un défaut d’organisation en amont sur une plateforme administrative, une coordonnatrice académique s’est vu demander, par un inspecteur de l’Éducation nationale, devenu conseiller technique, d’effectuer en urgence le traitement manuel et chronophage de nombreuses tâches relevant normalement d’autres acteurs. Malgré ses arguments détaillés rappelant le cadre initial du projet, la charge démesurée, le manque de consignes et sa proposition d’une solution plus pertinente et conforme à l’esprit du service public, elle a essuyé une fin de non-recevoir, accompagnée d’un ton sec et d’un constat de « refus ». La réalité du terrain n’a pas été prise en compte, la suggestion constructive ignorée, et la pression a été amplifiée par la mise en copie de tierces personnes de façon injustifiée.

Une telle gestion autoritaire, où la concertation et la reconnaissance des compétences sont négligées, porte directement préjudice à l’ensemble du service, envenimant les relations de travail et nuisant à la mission éducative. Le SNALC s’indigne de telles pratiques et rappelle que d’autres manières d’agir, fondées sur l’écoute, la coresponsabilité et la clarté des rôles, sont possibles et nécessaires.

Plus grave encore, le déni institutionnel face à ces pratiques tend à banaliser ces bassesses managériales, générant un sentiment d’abandon et d’injustice parmi les agents. La progression des recours à la médecine de prévention, tout comme la montée des alertes syndicales portées par le SNALC, témoignent, hélas, de la réalité du phénomène.

L’Éducation nationale mérite mieux que d’être un laboratoire de gestion autoritaire. Pour le SNALC, toutes nos énergies doivent être consacrées à la réussite des missions éducatives et à l’épanouissement professionnel de chacun. Cela suppose une lutte sans relâche, que le SNALC mène et continuera de mener, contre toute forme d’abus managérial, au bénéfice de toute la communauté éducative. Le SNALC continuera d’accompagner, de défendre et de porter la voix de celles et ceux qui subissent ces dérives, tout en exigeant les évolutions nécessaires pour que l’Éducation nationale devienne, enfin, un lieu de travail digne, respectueux et protecteur pour tous.