L’Université de Strasbourg prétend lutter contre l’antisémitisme, le racisme, les violences et les discriminations. L’objectif est légitime et le SNALC ne le conteste pas. Mais les méthodes employées, elles, posent problème (lire l’article « Le QR code de la honte« ).
Le SNALC dénonce un dispositif fondé sur un anonymat profondément déséquilibré : le plaignant reste caché, tandis que la personne mise en cause est, elle, identifiable. Résultat : un accusé connu, des accusations parfois floues, des éléments invérifiables, et une procédure qui peut rapidement se transformer en machine à rumeurs.
Une telle logique n’a rien d’une garantie de justice. Lorsqu’un signalement repose sur des captures d’écran facilement manipulables, sans contradictoire réel ni information précise sur les faits repro-chés, la présomption d’innocence est fragilisée. Dans les faits, la personne visée peut subir isole-ment, boycott, mise à l’écart et atteinte à sa santé morale et psychique.
Le SNALC le rappelle clairement : lutter contre les discriminations ne signifie pas institutionnaliser la délation. L’université doit protéger les victimes, oui, mais sans sacrifier les droits de la défense ni organiser un déséquilibre procédural manifeste.
Un QR code n’est pas une garantie de justice. Quand l’anonymat protège l’accusateur mais expose l’accusé, ce n’est plus de la protection : c’est un système de suspicion.
Le SNALC ne peut que le rappeler : le respect des personnes ne se construit ni dans la peur, ni dans l’opacité, ni dans la rumeur. L’université doit rester un lieu de droit, pas un lieu de délation.





