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Système éducatif

Le SNALC dénonce des remplacements imposés aux enseignants

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Dans un établissement du second degré de l’Enseignement catholique d’Alsace à Strasbourg, des enseignants alertent sur des pratiques de gestion des heures de cours annulées qui interrogent profondément les équipes pédagogiques. Lorsqu’une classe est absente en raison d’une sortie scolaire ou d’un voyage pédagogique, certains professeurs se verraient imposer le remplacement d’autres classes, parfois sans lien avec l’absence initiale et sans qu’ils aient donné leur accord.

Le SNALC a alerté les services du rectorat et dénonce fermement ce type de fonctionnement lorsqu’il conduit à assimiler une heure sans élèves à une heure automatiquement « disponible » pour combler toute absence dans l’établissement. Une telle organisation ne peut reposer sur la culpabilisation des enseignants, ni sur la menace d’une retenue sur rémunération.

Les situations évoquées semblent relever de deux cas bien distincts. Le premier concerne le remplacement de courte durée (RCD), qui s’inscrit dans un cadre précis et peut notamment relever du Pacte pour les personnels volontaires ayant accepté cette mission. Le second concerne l’absence d’une classe en sortie ou en voyage scolaire. Dans cette dernière hypothèse, l’enseignant concerné ne choisit pas l’annulation de son cours : il subit l’absence de ses élèves, avec les conséquences que cela entraîne sur sa progression pédagogique et sur la continuité des apprentissages.

Or, remplacer un collègue absent pour maladie, congé ou toute autre raison sur le créneau libéré par une classe partie en sortie ne saurait être présenté comme une obligation automatique. Si un enseignant accepte volontairement d’effectuer une mission supplémentaire, celle-ci doit être clairement identifiée et rémunérée dans le cadre approprié, notamment en heures supplémentaires effectives lorsque les conditions sont réunies.

Le SNALC rappelle qu’un professeur n’est pas une variable d’ajustement destinée à « boucher les trous » d’un emploi du temps. Sa mission première est d’enseigner sa discipline à ses classes, dans le respect d’une progression construite et d’un cadre de travail stable. Les enseignants du privé sous contrat, très souvent engagés au-delà de leurs obligations réglementaires dans la vie des établissements, ne peuvent voir cet investissement bénévole et pédagogique remplacé par une logique de disponibilité permanente.

La recherche légitime d’un « professeur devant chaque classe » ne doit pas masquer une réalité moins reluisante : des remplacements imposés sans cadre suffisamment explicité, sans volontariat et, parfois, sans rémunération additionnelle clairement annoncée. Cette méthode alimente l’incompréhension, détériore le climat de confiance et installe un sentiment de méfiance au sein des équipes.

Les chefs d’établissement ont la responsabilité de communiquer de manière transparente sur les textes applicables, les modalités du RCD, les engagements liés au Pacte et les conditions de rémunération des missions supplémentaires. Les réponses approximatives, tardives ou fondées sur des usages locaux ne peuvent se substituer à une information juridique claire et opposable.

Le SNALC appelle donc cet établissement concerné à mettre fin à toute pression exercée sur les enseignants, à distinguer rigoureusement les obligations de service des missions de remplacement volontaires et à restaurer un dialogue social respectueux. Défendre la qualité de l’enseignement, c’est aussi garantir aux professeurs le respect de leurs droits, de leur métier et de leur dignité professionnelle.

 

* Sorties scolaires : quand l’administration nous enferme dans l’ARENA