Stéphane Jacoupy, professeur au lycée René-Cassin et élu du SNALC au CSA académique, était invité sur le plateau de BFM Alsace aux côtés de représentants lycéens et étudiants. Il y a rappelé les revendications portées par le SNALC pour l’École, tout en réaffirmant le refus catégorique de toute violence.
Dans le contexte de la mobilisation contre la vie chère, à laquelle se joignent lycéens et étudiants, Stéphane Jacoupy, professeur et responsable pédagogique du SNALC, a rappelé que les revendications exprimées dans les établissements rejoignent largement les alertes portées par le syndicat depuis de nombreuses années.
Le SNALC défend notamment un rattrapage salarial pour les enseignants, une amélioration de l’attractivité du métier, des moyens réels pour l’école inclusive et l’accompagnement des élèves en situation de handicap, ainsi qu’un effort prioritaire pour la rénovation et l’entretien du bâti scolaire. Stéphane Jacoupy souligne l’écart entre certaines dépenses institutionnelles et les besoins concrets des établissements, parfois confrontés à des conditions matérielles dégradées.
Il dénonce également la faiblesse du dialogue social et le manque d’écoute des personnels et de leurs représentants. Pour le SNALC, les difficultés actuelles — pénurie de candidats aux concours, dégradation des conditions de travail et inquiétudes des communautés éducatives — ne sont pas nouvelles : elles résultent d’années d’insuffisance de moyens et de manque de reconnaissance du métier enseignant.
Tout en partageant une partie importante des constats et revendications portés par les lycéens et les étudiants, le SNALC affirme une position ferme sur la sécurité : aucune violence ne peut être acceptée, qu’elle vise les élèves, les personnels ou les chefs d’établissement. Les blocages, menaces et violences aux abords des lycées perturbent le service public d’éducation et risquent, selon Stéphane Jacoupy, d’éclipser les revendications de fond.
La position du SNALC est donc claire : défendre les moyens nécessaires à l’École, revaloriser et protéger les personnels, restaurer un dialogue social effectif, tout en refusant que la violence devienne un mode d’expression ou fragilise davantage les établissements.
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Quelques extraits :
BFM Alsace :
Stéphane Jacoupy, je me tourne vers vous. Vous êtes professeur, je le disais. Là, les lycéens sont en vacances. Mais quelle était la situation dans les lycées juste avant de partir en vacances ? Est-ce que vous pensez que les vacances vont interrompre en quelque sorte le mouvement ou alors pas du tout ? Il y a de réelles revendications qui existent toujours ?
SNALC – Stéphane Jacoupy :
Alors les revendications que portent les lycéens sont aussi celles que porte le SNALC depuis de nombreuses années, que ce soit effectivement le rattrapage salarial pour les enseignants, que ce soit les problématiques de bâti, que ce soit aussi de donner les vrais moyens pour l’école inclusive et l’inclusion des élèves handicapés. Tout ça, c’est des revendications que le SNALC porte depuis des années. Et depuis des années, il y a une faiblesse effectivement du dialogue social. Les corps intermédiaires ne sont pas écoutés. Et malheureusement, il aura fallu attendre un embrasement de violence, suite à la verticalité des décisions, pour que les choses bougent un tout petit peu dans une période particulièrement complexe, on va dire, pour le pays. Au niveau du SNALC, ce sont des remédiations qu’on a portées depuis, qu’on porte toujours. Au niveau des lycées, avant les départs en vacances, il y avait effectivement des blocages. Dans mon lycée, notamment…
BFM Alsace :
C’est quel lycée, vous ?
SNALC – Stéphane Jacoupy :
C’est le lycée René Cassin. Donc à Strasbourg, régulièrement, nous étions bloqués. Nous avons basculé sur des cours en distanciel pour les étudiants du post-bac, avec une reine inquiétude aussi des étudiants pour leur poursuite, que ce soit sur les examens de fin d’année pour certains qui vont arriver assez rapidement. Et puis, on craint un enlisement de la situation. C’est-à-dire que je pense que les vacances, le gouvernement a attendu les vacances. En espérant que ça passe, vous voulez dire ? Les revendications sont toujours là. Nous, ça fait des années qu’on les porte. Et on continue de les porter, et on continuera de les porter. Donc je pense que ça continuera un tout petit peu après, à la rentrée, de toute façon.
BFM Alsace :
C’est compliqué quand même, quand on est professeur, de devoir en quelque sorte d’être d’accord avec ces revendications, mais en même temps de ne pas pouvoir assurer les cours.
SNALC – Stéphane Jacoupy :
Pour le SNALC, notre principal souci, c’est la sécurité des personnels et des élèves. Et les différents blocages, les explosions de violences devant certains établissements sont inacceptables et intolérables. On porte ces revendications au niveau du SNALC depuis de nombreuses années, on le fait pour l’ensemble des problématiques, on a effectivement la question de l’attractivité du métier d’enseignant qui, on veut recruter des enseignants mais il n’y a pas suffisamment de candidats aujourd’hui devant les concours parce que qui veut devenir enseignant ? Dans un métier pour lequel effectivement on est mal payé mal considéré socialement on nous parle de métier vocation mais la vocation elle nourrit pas mes enfants donc à un moment donné il est nécessaire qu’il y ait un rattrapage salarial, et le SNALC se bat pour ce rattrapage salarial depuis de nombreuses années. En ce qui concerne le bâti, la situation de certains établissements de l’agglomération de Strasbourg, que je connais un tout petit peu, est catastrophique avec des réponses de la région, mais qui sont complètement hors sol. Hors sol, on va distribuer des ordinateurs portables pour 44 millions sur la région Grand Est, mais on n’est pas capable, effectivement, d’avoir dans des établissements des toilettes qui ne soient pas mixtes et qui fonctionnent. où est l’ordre des priorités ? Le SNALC effectivement se bat et notamment se bat aussi pour défendre les personnels qui dans ces situations de blocage subissent aussi du stress subissent des menaces on nous récupère effectivement beaucoup d’appels de nos adhérents qui nous signalent que sur les réseaux on leur annonce qu’on va mettre le feu au lycée qu’on va la faire type Bataclan qu’on va sacrifier le proviseur ça nous met aussi dans une situation.
BFM Alsace :
La question va s’adresser à tous les trois avant de conclure. Est-ce que déjà, d’abord vous, monsieur, est-ce que vous avez le sentiment que les revendications lycéennes et étudiantes elles ont un peu été en quelque sorte balayées du débat public avec tout ce qui s’est passé ces derniers temps, et les manifestations du 17 octobre notamment.
SNALC – Stéphane Jacoupy :
Malheureusement, là je m’opposerais à monsieur sur la violence. La violence n’est pas un moyen d’exprimer un mécontentement. Et le SNALC justement refuse toute violence, qu’elle soit à l’encontre des élèves, des personnels.
BFM Alsace :
Mais pour vous ça n’a pas permis quand même les mouvements lycéens, tout ce qu’on a vu, tout ce qui s’est passé au l’arrivée, au lycée Couffignal notamment ?
SNALC – Stéphane Jacoupy :
Ça a complètement débordé le mouvement lycéen. Et aujourd’hui, je me demande si effectivement les revendications puissent être audibles. Dans ce cadre-là, puisqu’on regarde la couverture médiatique, quand on regarde effectivement le discours, on ne parle que de la violence, on ne parle plus de la question des 3000 professeurs qu’on a trouvés, bon, on ne sait pas trop comment, mais qui existaient déjà. On ne parle pas de l’attractivité du métier, On dit qu’il faut recruter des professeurs, mais le SNALC, depuis des années, se bat pour l’attractivité du métier. Et l’attractivité du métier, elle passe aussi par une revalorisation du statut et une revalorisation des métiers de professeurs. Ça passe également par une reconnaissance aussi du travail de terrain qui est fait au niveau de chaque établissement. Donc nous n’accepterons pas, au niveau du SNALC, que des chefs d’établissement soient molestés, parce qu’ils doivent défendre, ils doivent assurer, effectivement, le service public d’éducation.





