La situation politique nationale actuelle génère des turbulences inquiétantes, et les décisions des instances supérieures semblent souvent manquer de clarté et de cohérence, ajoutant à la confusion au sein de notre académie. Le SNALC ne peut que constater un pilotage académique opérant en mode automatique, déconnecté des réalités du terrain, laissant notre personnel éducatif aux prises avec des incertitudes qui affectent leur quotidien.
Depuis le départ de l’ex rectrice, Elisabeth Laporte, qui avait servi notre académie avec dévouement et intégrité durant son mandat, nous avons ressenti un changement regrettable. Son successeur direct avait transformé les étroits murs de la rue de la Toussaint en un véritable théâtre où les égos surdimensionnés se heurtaient les uns contre les autres. Aujourd’hui, le SNALC observe un phénomène inverse : ces mêmes couloirs résonnent d’un silence assourdissant. L’absence du recteur depuis sa prise de fonction est notable ; quant à la secrétaire générale, le SNALC attend de connaître le nom de son éventuel successeur afin de pouvoir travailler en bonne intelligence – si toutefois elle devait être reconduite, nous souhaitons l’annonce de cette reconduction en bonne et due forme. Enfin, les ressources humaines semblent en roue libre côté pilotage. Bien que la lettre d’information RH n°1 exprime une volonté de renforcer la proximité et de moderniser notre institution, il existe un fossé inquiétant entre les propos et la réalité de terrain. Ainsi, lorsque l’institution est sollicitée, il est regrettable de devoir attendre des mois pour obtenir une réponse.
Pour le SNALC, cette situation révèle un grave déficit de pilotage stratégique. Les budgets, devenus un sujet tabou, conditionnent pourtant l’ensemble de nos opérations. Par exemple, la lenteur des réponses sur les demandes d’autorisations de cumul qui n’arrivent qu’à la fin novembre alors que les établissements du supérieur public ont des besoins dès septembre. Le pilotage automatique et cette latence exposent les personnels qui réalisent ces missions sans être officiellement couverts. L’organisation de nos établissements est fragilisée, notamment lorsque des décisions doivent être prises avant la rentrée scolaire.
Certains semblent plus préoccupés par l’application systématique d’un lynchage des personnels de l’Éducation nationale que par un pilotage efficace et humain de notre académie. Les démarches de mobilité, censées être un outil d’équité, deviennent trop souvent un jeu de chaises musicales favorisant quelques-uns au détriment de l’équité collective. Qui défend les droits de nos collègues TZR face à des contractuels de passage qui accaparent des postes ? Que devient le traitement des agrégés dans cette danse de la mobilité mal orchestrée ? Comment expliquer la multiplication injustifiée de certaines commissions disciplinaires ? Quelle est donc cette nouvelle pratique qui consiste à suspendre durant 4 mois un agent payé à rester chez lui, suspension pouvant s’éterniser pendant de longs mois encore jusqu’au versement à demi-traitement ? Serait-ce une nouvelle façon de faire des économies de masse salariale ?
Il y a quelques temps, le SNALC avait émis des doutes quant à la gestion des personnels. Ce temps est révolu : le SNALC ne doute plus, il confirme que les dirigeants de notre académie ne sont pas ancrés en Alsace. L’attribution de certaines promotions indûment accordées au détriment de celles et ceux qui les méritaient par leur parcours et leur travail est avérée. Le SNALC a mis en question la légitimité de certains responsables dont l’autorité reposait sur un socle fragile d’incompréhension du cadre légal et réglementaire. Nous avons également pu constater non seulement le non respect de la laïcité, mais aussi le manque de connaissance des textes de lois sur les principes et valeurs de la République.
Notre académie si malmenée ces derniers temps a besoin d’un pilote expérimenté et engagé. Il est grand temps de reprendre le contrôle avec un pilotage humain et tourné vers l’avenir. C’est pourquoi, le SNALC exige d’urgence des dirigeants qu’ils sortent de leur bureau pour constater la réalité du terrain, avant de prendre des mesures.
Instaurer un modèle de gouvernance juste et efficace devrait être le nouveau mot d’ordre de notre académie. À naviguer sans boussole, dans une approximation néfaste, nous perdrons de vue notre mission fondamentale. Il est temps de reprendre les commandes, plutôt que de laisser l’institution dériver au gré des vents. Il est impératif que nous nous dotions d’un modèle de gouvernance plus juste et plus efficace. Le cap, la boussole sont fixés par le Ministère, mais la mise en application académique est du ressort du recteur.
Vous pourrez compter sur le SNALC pour s’exprimer sans langue de bois, pour défendre les personnels souvent malmenés pour des raisons obscures, pour exiger des réponses claires aux problèmes qu’il dénonce, et mettre en lumière les injustices et dysfonctionnements.
